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L’imposture du café Luwak, le café le plus cher au monde

16 January 2018

En Indonésie et bien entendu, particulièrement à Bali, vous aurez souvent l'opportunité de goûter le “Kopi Luwak” (café de civette). Ce café très particulier est prepared a partir de grain de café ingérés par les civettes et qui, après leur passage dans le système digestif de l’animal, est expulsé en même temps que ses excréments.

Les civettes sont omnivores et ne sont présentes en Asie du Sud Est et également en Afrique sub saharienne. Mesurant environ 50 cm et pesant de 2 à 5 kgs, les civettes sont des animaux sauvages, nocturnes et solitaires qui vivent dans les forêts.Elles se nourrissent principalement de fruits (comme les mangues et les rambutans), baies et grains de café, insectes et petits animaux (comme les lézards et les souris).

Le passage des grains de café au travers de leur appareil digestif favorise la fermentation des grains. Ce processus de fermentation adoucit les acidités du café (Robusta ou Arabica) et lui donne, suivant les dires des spécialistes, un goût différent et très “crémeux”. C’est ce qui rend possible la commercialisation de ce produit à des prix astronomiques aux alentours de 50 euro par tasse aux Etats Unis et en Europe.

A l’origine, le Café Luwak provenait des excréments des civettes sauvages qui se régalaient librement dans les plantations de café. Mais, à cause des profits importants générés, les producteurs commencèrent à capturer et à enfermer ces animaux sauvages en les parquant dans des “fermes” en les soumettant à des conditions de vie honteuses et inadmissibles. Dans l’optique d’une production de masse, les civettes ne sont plus nourris, dès lors, que de baies de café. Les animaux ne peuvent plus choisir les meilleurs grains de café, sélection importante qui détermine pourtant, la qualité du café produit. Ces civettes deviennent des esclaves de l’industrie du café, et ne sont nourries qu’exclusivement de ces grains de café qui n’est assurément pas leur unique nourriture naturelle. Enfermées dans de très petites cages, elles ne peuvent que manger des grains de café et les déféquer. Ces conditions de détention et de régime alimentaire, les rendent, en quelques jours seulement complètement stressées et aliénées.

Mais, le plus important pour ceux qui veulent ignorer ces méthodes de production inacceptables du café le plus cher au monde, c’est que ce produit de luxe labellisé“Café Luwak” est généralement absolument pas du “Café Luwak”. Attirés par les gigantesques profits, les producteurs n'hésitent pas à usurper le nom “Café Luwak” pour de nombreux cafés du marché traditionnel. Les experts du café reconnaissent que, annuellement, les ventes sont de 5000% supérieures à la capacité maximale totale de production du Café Luwak! Certains témoignages collectés en camera cachée, prouvent que certains producteurs n'hésitent pas à appeler “Café Luwak” ou “Café Luwak provenant d'animaux en liberté”, des cafés produits sans l’intervention des civettes ou alors à partir d'animaux enfermés dans d’horribles conditions. Tony Wild, le principal acteur qui a introduit le “Kopi Luwak” sur les marchés occidentaux, considère que ce produit est “sur-industrialisé”, abusif et contrefait (The Guardian) et qu’aucun organisme international certifié, ne peut garantir que le café est produit grâce à des animaux en liberté.

Ce produit de luxe bénéficie d’un excellent marketting mais ne tient aucunement ses promesses et surtout, est impossible à contrôler. Produire un bon café nécessite une expertise professionnelle à chaque étape de sa production, depuis la collecte des grains, de leur fermentation puis de leur torréfaction. Il n’est pas utile de favoriser un café qui provient, en réalité ou non, de l’appareil digestif d’animaux abusés et maltraités. Continuez à déguster votre café favori et ne succombez pas à ce produit incertain qui ne respecte pas les plus élémentaires normes de respect des animaux. Ne favorisez pas cette inacceptable usurpation!

Écrit par Pierrick Bigot

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